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· TERRE

« Un peu de trèfle, ce n’est pas gênant »

Peu à peu les communes se tournent vers le zéro phyto pour l’entretien de leurs espaces verts. Exemples avec celles du bassin versant du Scorff.

Depuis maintenant une dizaine d’années, les collectivités et intercommunalités bretonnes  se sont engagées sur la voie d’un entretien plus naturel de leurs espaces verts. L'objectif est de diminuer l’utilisation de pesticides, notamment les  produits phytosanitaires, afin d’éviter la contamination des eaux souterraines et de surfaces (ruisseaux, rivières, lacs, étangs...) par ces derniers. Promues par la Région, ces nouvelles pratiques  vont au delà de la loi qui, si elle prévoit l’interdiction de produits chimiques, autorise encore quelques  exceptions, dans les espaces sportifs clos ou les cimetières sans usage de promenade par exemple.  « La Bretagne veut se montrer particulièrement vertueuse dans ce domaine, car la Région recèle de  nombreuses eaux de surfaces qui sont plus sujettes à la pollution que les eaux souterraines »,  explique Stéphane Gourmaud, chargé de mission politique  de l’eau à la Région, qui a créé en 2009 le label « zéro  phyto » pour récompenser les meilleurs élèves. Dix ans plus tard, elles sont 300, représentant 25 % de la population bretonne, à avoir obtenu ce label.

Sur le bassin versant du Scorff, qui couvre trente communes et plus de 770 kilomètres de cours d’eau en comptant les affluents, elles sont plusieurs à s’être engagées dans cette démarche : Mellionnec, Kernascléden, Inguiniel, Lignol, Quéven, Persquen, Locmalo, Berné et Pont-Scorff *.  Pour cette dernière, le travail mené en vue du label  « zér o phyto » coule de source. « C’est la rivièr e qui fait la richesse de la commune, il est normal de la protéger, souligne la mairie de Pont-Scorff, qui a été  labellisée en début d’année.  Nous avons identifié les parcelles sur lesquelles l’eau peut ruisseler et donc emporter avec elle des polluants dans la rivière. Nous  préférons ne pas traiter que de prendre le risque de  voir des produits chimiques finir dans le Scorff. »

Label zéro phyto » pour Pont-Scorf
« On laisse venir les fleurs spontanément dans les chemins stabilisés et on passe la débroussailleuse ou la tondeuse, poursuit-il.  S’il y a un peu de trèfle sur la pelouse du stade, ce n’est pas gênant car il  apporte de l’azote à l’herbe. On entretient, mais sur les bordures de chemin, plutôt que de traiter, on passe la tondeuse. Pour le cimetière, les allées minérales ont été abandonnées au profit du gazon, ce qui évite le recours à des produits phytosanitaires et réduit la fréquence des entretiens. Les agents adhèrent à ce type de gestion plus subtile. »

« La Bretagne veut se montrer particulièrement vertueuse dans ce domaine »

Les  actions menées depuis de nombreuses années par le Syndicat mixte du Scorff et désormais par  Lorient Agglomération que ce soit auprès des communes, des agriculteurs ou des particuliers, afin de réduire les sources de pollution, ont prouvé leur effi- cacité. Aujourd’hui, les analyses d’eau réalisées tous les mois et transmises au service de l’État révèlent  une « bonne  qualité de l’eau ». « Ce tte qualité est un élément vital pour protéger la faune et la flore de  la rivière , explique Marine Joguet, animatrice du contrat territorial volet urbain à Lorient Agglomé- ration. Mais c’est aussi très important pour la santé des habitants car le Scorff est l’une des deux rivières qui alimentent le territoire en eau potable. »

* Dans l’agglomération, Quistinic et Port-Louis sont également détentrices du label « zéro phyto »


Les particuliers concernés dès le 1er janvier 2019
À partir du 1 er janvier  2019, les produits chimiques  au jardin c’est fini ! Tous les produits appelés « pesticides » au sens large sont concernés par cette interdiction : fongicides, insecticides, nématicides, acaricides, herbicides et autres biocides d'origine chimique. Seuls les produits utilisables en agriculture biologique, ceux qualifiés à faible risque et les  produits de bio-contrôle, c’est-à-dire qui utilisent des méthodes naturelles de protection des végétaux, resteront utilisables et autorisés à la vente. Cette interdiction vient s’ajouter à celle entrée en  vigueur au 1er janvier  2017 pour les établissements publics et les collectivités prohibant ces mêmes produits pour l'entretien des espaces verts, forêts, promenades, voiries, terrains sportifs non clos et cimetière à usage de promenade. 

Pour tout connaître sur les alternatives aux pesticides, consultez le programme des prochaines  animations sur les techniques de Jardinage au naturel.

 

 

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