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[DOSSIER] Une ville, des ports

Auteurs de l’ouvrage Lorient, ville portuaire, Gérard Le Bouëdec, professeur émérite d’histoire maritime, et Christophe Cérino, ingénieur de recherche en histoire maritime à l’Université Bretagne Sud, évoquent le développement du territoire.


Comment l’histoire de Lorient est-elle liée aux  activités portuaires ?
Gérard Le Bouëdec :  À l’origine, en 1666, il n’y a qu’un chantier de construction navale, qui deviendra un port puis une belle cité marchande au XVIIIe siècle. Rapidement, le port arsenal marchand s’accompagne d’un arsenal militaire. Au XIXe siècle, on aménage le bassin à flot et l’avant-port qui se développent vers 1880 avec la renaissance du commerce à Lorient via le trafic de bois et de charbon. Dans le même temps, les charbonniers voient une opportunité à se lancer dans le chalutage à vapeur. Un nouveau développement est nécessaire : c’est la construction du port de Kergroise en 1920, puis de Keroman en 1927. 

Il n’y aurait donc pas de ville sans ses ports ?
Gérard Le Bouëdec :  La deuxième Compagnie des Indes décide d’investir pour construire une ville qui accueille déjà 18 000 habitants au XVIIIe. La ville intègre ensuite Merville et Kerentrech au XIX e  siècle. Le développement de l’arsenal donne de l'importance au bourg chantier de Caudan : c’est la naissance de Lanester, issue de l’arsenal rive gauche. Et puis, la construction de l’avant port de Lorient impulse celle du quartier de Nouvelle Ville par poldérisation. Le glissement du développement urbain se fait en direction de Kergroise et de Keroman. 

La diversification des activités portuaires était- elle nécessaire pour durer et se développer ?
Christophe Cérino : La diversification traduit généralement la capacité de rebond d’un site après des  périodes de fin de cycle, voire de crise. À Lorient, le XIXe siècle ouvre une phase de mutation de la construction navale, qui permet le développement de la Marine, mais aussi de passage au commerce des marchandises lourdes. C’est ensuite la création de Keroman et la diversification vers la pêche  industrielle, puis vers les hydrocarbures et l’agroalimentaire, et la constitution d’une base navale polyvalente (sous-marine et aéronavale). Les deux dernières décennies constituent une nouvelle ère, née là encore d’une crise avec la fin de la prospérité à Keroman et la réduction brutale des activités militaires.

Justement, comment et pourquoi le pari de la  reconversion de la BSM a t-il été gagné ? 
Christophe Cérino :  À partir de 1995 et la fermeture  de la base de sous-marins, il a fallu imaginer très rapidement comment transformer ce site, inventer de nouveaux projets, et surtout trouver des moyens financiers. Des investissements conséquents ont permis la création d’un pôle de course au large de premier ordre. Cette nouvelle fonction  portuaire et le développement associé des activités touristiques ont contribué à faire évoluer les repré- sentations de la cité, depuis la "ville industrialo militaire dévastée par la guerre" jusqu’à l’image d’une ville moderne qui continue à inscrire son avenir dans les activités maritimes. 

 

Lorient,  ville portuaire - Une nouvelle histoire, des origines à nos jours.
Gérard Le Bouëdec, Christophe Cérino
Presses Universitaires Rennes - 398 pages - Prix : 39 €

 

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