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Kerpape fut un sanatorium durant plus de trente ans

À Plœmeur, le centre de Kerpape s’est réinventé au fil d’un siècle pour devenir un acteur majeur de la médecine physique et de l’accompagnement des personnes en situation de handicap.

 

LA LUTTE CONTRE LA TUBERCULOSE (1914-1939)

L’idée de mettre sur pied à Kerpape un centre mutualiste pour lutter contre la tuberculose vit le jour lors du congrès des mutualistes de l’Ouest, tenu à Lorient du 6 au 8 juin 1914. À cette époque, la tuberculose terrorisait les populations. L’Union mutualiste du Morbihan décida dès 1917 de créer un sanatorium pour les enfants de 5 à 14 ans. La forme de la maladie qui dominait était alors la tuberculose extrapulmonaire : osseuse (mal de Pott) et ganglionnaire. Après la visite de plusieurs lieux, le choix se porta sur Kerpape à Ploemeur. Les débuts furent difficiles : des baraques en bois de type Adriant furent rapidement construites et permirent dès l’été 1918 d’accueillir des enfants. Fin 1920, un bilan de fonctionnement fut réalisé. Il montra que 800 enfants avaient été accueillis en 1919. En 1923, le sanatorium fut placé sous l’autorité du médecin-chef Marie Houdré. La fréquentation de l’établissement augmenta et atteignit 1 150 malades. C’est sous la présidence de Camille Herwegh que le sanatorium de Kerpape prit sa forme définitive, telle qu’il la conservera jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. 

LES ANNÉES DE GUERRE ET L’ÉVACUATION (1939-1952) 

Dès août 1941, la question d’une évacuation était à l’ordre du jour. Les bombardements, puis l’ultimatum des Allemands pour une évacuation au plus tard à la mi-février 1943, imposèrent l’envoi des patients au sanatorium de Lamotte-Beuvron, en Sologne. La guerre terminée, il fut décidé de maintenir provisoirement les patients dans ce sanatorium, avant de revenir sur Kerpape. Ce retour fut organisé en 1952. Les jeunes malades réintégrèrent Kerpape, dont la capacité d’accueil avait alors été fixée à 300 patients atteints de tuberculose extrapulmonaire. Mais, sur 300 lits disponibles, moins de 200 étaient occupés. Le recul considérable de la tuberculose et les dégâts dus à la guerre conduisirent à la reconversion du centre de Kerpape. 

LA RECONVERSION DE KERPAPE (1960-1987) 

Au sortir de la guerre, Kerpape doit se réinventer. La décision fut prise en 1960 de transformer le sanatorium en centre de rééducation et de réadaptation fonctionnelle pour adultes et enfants. Un permis de construire du centre de rééducation fut accordé en 1964. De grands travaux furent alors réalisés, dont les principaux furent la création d’une piscine d’eau de mer, de salles de kinésithérapie et d’ergothérapie, d’un gymnase, etc. Un pavillon hospitalier pour enfants entra en service en 1965. Le centre fut inauguré le 23 mai 1970 par Monsieur Marcellin, ministre de l’Intérieur et président du conseil général du Morbihan. La reconversion s’acheva complètement en 1987. 

KERPAPE AUJOURD’HUI 

Derrière ces évolutions successives, une même ambition est demeurée : placer la personne soignée au coeur de l'accompagnement. Le Centre mutualiste de Kerpape est aujourd’hui un établissement de soins et de rééducation. Son rôle est d'accompagner des personnes qui, après une maladie, un accident ou une opération, ont besoin de soins pour récupérer leurs capacités physiques et retrouver leur autonomie. Pour y parvenir, le centre s'appuie sur la médecine physique  et de réadaptation. Des équipes médicales et des professionnels de la rééducation, tels que les kinésithérapeutes et les ergothérapeutes, travaillent en étroite collaboration afin d'aider chaque patient à retrouver son autonomie et à préparer son retour à domicile ou à la vie active.

Au-delà de sa mission de soins, le Centre mutualiste de Kerpape s’impose également comme acteur reconnu, à la pointe de l'innovation dans l'accompagnement des personnes en situation de handicap. Depuis les années 1980, l’établissement place l'innovation et la recherche au coeur de son identité, grâce à la mobilisation de toutes ses équipes internes. Il joue un rôle actif, à l'échelle nationale et internationale, dans la recherche sur le handicap et l'autonomie. Cette dynamique s'appuie sur une professionnalisation croissante de la recherche biomédicale, industrielle et paramédicale, ainsi que sur des collaborations étroites avec des entreprises, des universités et des cliniques.

Jean-Yves Le Lan, du Comité d’histoire du Pays de Ploemeur Pour le Groupement des associations d’histoire locale du Pays de Lorient

 

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