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Bagadoù: Hennebont ne compte pas ses heures

Les sonneurs se retrouvent toute l’année pour répéter et préparer la finale du Championnat national de bagadoù deuxième catégorie lors du Festival Interceltique, en août.

Chaque vendredi soir, dès 19h, l’ancienne école maternelle de l’impasse Kerliven à Hennebont se remplit de musiciens, équipés pour la plupart de grandes sacoches noires. Les uns y transportent leurs cornemuses, les autres leurs bombardes. Dans un coin de la pièce principale, un petit bar arrondi accueille les arrivants. L’ambiance est déjà enjouée. « On démarre la répétition à 19h30, explique Éric, sonneur de cornemuse. D’abord par pupitre pendant 30 à 45 minutes, puis ensemble pendant une heure et demie. » Le bagad d’Hennebont, géré par l’association Hiviz, compte 42 sonneurs. Il faut y ajouter près de 30 élèves. Au fil des minutes, les premières notes se font entendre. Les musiciens se répartissent. Le penn cornemuse s’occupe de brancher un métronome. Les bombardes s’isolent dans une pièce fermée. Les percussions dans une autre. Au centre de la grande salle, les biniaouers répètent sur un practice (anche sans la poche).

"Le niveau est nettement supérieur"

Si les concours rythment habituellement la vie des bagadoù, celui de cette année porte un enjeu un peu spécial pour Hennebont. « On est monté en deuxième catégorie l’année dernière », raconte Éric. Le bagad Hiviz, jeune formation qui a passé son premier concours en 2005, évoluait alors depuis deux saisons en troisième catégorie. « Cette montée nous a surpris nous-mêmes », confirme Yves Guével, penn bombarde. « Le niveau est nettement supérieur, confie Éric. La première manche du printemps dernier, c’était beaucoup de stress pour nous. » En ligne de mire maintenant, la deuxième manche du concours qui se joue le samedi 5 août à Lorient, pendant le Festival Interceltique. « On répète tous les vendredis, reprend Éric, mais à l’approche du festival, on intensifie les répétitions : avec des stages le week-end, des heures en plus le mercredi, le samedi et le dimanche. »

« On se doit d’être plus exigeants dans notre écriture musicale et dans notre rigueur d’exécution, souligne Yves Guével. L’objectif est de se maintenir en deuxième catégorie. Au moins, de donner notre maximum pour ne pas avoir de regret si ça ne marche pas. » La préparation au concours d’été débute dès le mois de juin, « pour se donner le temps d’assimiler les airs et être prêts », sans rien sacrifier de la très bonne ambiance qui règne au sein du bagad. « C’est l’une de ses particularités : cette ambiance qui attire même d’autres musiciens, et aussi la présence féminine. Près de la moitié des bombardes sont des femmes ! »


Un bagad, c’est quoi ?

Le bagad est un orchestre breton inspiré du pipe band écossais. En breton, bagad ar sonerion signifie groupe de sonneurs. Le bagad s’organise en trois pupitres : les bombardes, les cornemuses et les percussions. On compte aujourd’hui 150 bagad affiliés à la fédération, contre seulement 90 il y a 10 ans. Des acteurs de la musique bretonne sont nombreux à être passés par ce type d'ensemble, comme Alan Stivell ou Glenmor.

Les instruments :

La bombarde : instrument à vent de la famille du hautbois, elle s’associe au biniou (ou à la cornemuse) pour former le traditionnel couple de sonneurs et accompagner les danses bretonnes. La bombarde nécessite beaucoup de souffle, obligeant à reprendre des forces régulièrement.

La cornemuse : instrument de musique à vent composé de plusieurs anches, appelé biniou braz ou biniou kozh selon sa taille. La cornemuse se joue en couple ou en bagad. Combinaison d’anches, de tuyaux et d’une poche, cet instrument très spécifique permet un jeu continu et puissant.

Les percussions : il s’agit le plus souvent de caisses claires et de batteries dans un bagad. Leur rôle rythmique permet de donner vie aux suites musicales.

 

 

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